Waterhouse - Lucia Taylor

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Waterhouse

Waterhouse - Lucia Taylor

Mon attention avait été attirée par un tableau, dans un musée, qui représentait Hylas et des nymphes. Il avait été peint par Waterhouse. Ce grand peintre est un préraphaélite, c’est-à-dire qu’il suivait un courant de peinture en Angleterre, au dix-neuvième siècle, qui s’était spécialisé dans les scènes mythologiques. J’avais découvert ces artistes dans une exposition consacrée à une thématique souvent abordée dans leurs œuvres, le destin. Les portraits de dieux et de déesses, de nymphes et de chevaliers, n’étaient pas joyeux, car l’histoire se finissait mal, le plus souvent. J’imaginais le beau jeune-homme, Hylas, emmené dans l’eau par les nymphes, et périssant noyé. Une autre peinture m’intrigua tout autant : La Boule de Cristal, peinte par le même auteur. Une femme se tient au centre de la toile. Elle porte une robe inspirée des contes moyenâgeux, rouge et longue, avec des manches très ouvertes et tombantes.

Le regard de la femme, qui est, à n’en pas douter, une ensorceleuse, est dirigé vers la boule de cristal qu’elle porte dans ses mains, réunies en coupe. Ses cheveux noirs encadrent son visage grave et d’une blancheur laiteuse. Des objets évoquant la magie, comme un crâne et un livre qui ne peut être qu’un vieux grimoire, sont présents dans toute l’image. Cette magicienne a une présence inquiétante et l’impression de la surprendre en plein rituel est presque dérangeante. Je suivis son regard, plongé dans la boule cristalline, et je ne pus que m’imaginer ce qu’elle y voyait, un avenir sombre. La tranquille campagne, visible à travers l’ouverture de la fenêtre, apportait un contraste avec les objets inquiétants. Un autre tableau de lui représentait le dieu de l’amour guidant un pèlerin.

Cette idée d’être conduit vers son avenir par les dieux laisse les être humains bien démuni, puisque leur choix de vie est réduit au bon vouloir de puissances supérieures, comme je le lus dans le catalogue de l’exposition. Le fameux tableau de Millais, avec Ophélie, était, lui aussi, présent dans cette rétrospective ; j’avais eu vent de cette exposition grâce au conseiller qui s’occupe de ma planification financière. Il connaît mes goûts en matière d’art, et il m’avait poussé à aller voir les œuvres de ces grands peintres anglais. Je reconnais que ces peintures m’inspirèrent et que je ne pus qu’être pleinement pris par leurs sujets, leurs couleurs et les personnages qui y étaient représentés. C’est ainsi que je commençais à me renseigner pour acquérir une grande tapisserie représentant trois personnages penchés au-dessus d’un petit bassin.