Une vie de vampire - Lucia Taylor

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Une vie de vampire

Une vie de vampire - Lucia Taylor

J’étais plongée dans la lecture d’un roman fantastique. Écrit dans les années 1990, l’auteure y décrivait des vampires, et leurs vies si différentes de celles des humains ordinaires. J’étais fascinée par les personnages d’Armand et de Lestat, mon imagination traçait leurs contours physiques, comme s’ils avaient été de vieux amis avec qui j’avais partagé de nombreuses discussions. Je relisais cet ouvrage pour la quatrième fois, mais mon intérêt était toujours neuf et frais. Cette histoire m’était familière, pourtant, je me laissais surprendre par les nœuds des intrigues, et par le déroulement du récit. Pour ne pas être dérangée, j’avais coupé les sonneries de mon téléphone, et ainsi que celle de ma tablette. J’avais mis un CD de musique classique, du Liszt, et je me promenais dans les rues de la Nouvelle-Orléans, en compagnie de mes amis suceurs de sang. La soirée était typique de ce que le mois de décembre offre : du vent, de la neige et un froid saisissant.

J’avais noté un rendez-vous pour un soin au juvederm, pour le mardi qui venait. Mon emploi du temps était plein pour la semaine qui arrivait. Ce weekend de repos, seule, chez moi, était indispensable pour que je puisse renouveler mon énergie. Mon chat, un Birman, s’était couché sur le canapé, à mes côtés. J’avais préparé un gratin de macaronis, accompagné d’un délicieux jus de pomme, et de boudin noir. Gourmande, j’avais pris une pâtisserie pleine de crème fouettée, de chocolat et avec un biscuit à la noisette. J’entendis des coups frappés à ma porte. C’était inhabituel, je me levais avec un soupir résigné, puisque je devais interrompre ma soirée en solitaire. Devant moi, se tenait un inconnu en costume noir et cravate bleu turquoise. Il s’excusa pour le dérangement qu’il me causait, mais il ne pouvait pas rentrer chez lui. Il avait laissé ses clés à l’intérieur de son appartement.

La seule solution, pour qu’il puisse rentrer chez lui, était de passer par ma terrasse et d’enjamber les balustrades pour pénétrer sur la sienne, juste à côté. Je n’avais jamais remarqué ce voisin. Je lui demandais s’il avait emménagé récemment. Il me confirma qu’il avait acquis la semaine passée l’appartement où il logeait. Je l’invitais à prendre une boisson chaude ou froide pour que nous fassions connaissance, s’il n’était pas trop pressé. Cette rencontre inopinée brisait la routine de ma soirée. Je souhaitais assouvir ma curiosité et je posais de nombreuses questions à ce nouveau voisin.