Un exposé dérangeant - Lucia Taylor

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Un exposé dérangeant

Un exposé dérangeant - Lucia Taylor

Un jour, je m’intéressais de plus près aux devoirs de mes nièces. L’une d’elles avait la particularité de toujours faire des recherches sur YouTube, pour ses devoirs. Je trouvais que c’était une technique d’apprentissage comme une autre, car après tout, nous avons été une génération livresque, pourquoi s’opposer à ce que la nouvelle génération trouve une autre façon de s’instruire. Personne n’était vraiment d’accord avec moi, mais je pensais au fond de moi, qu’il fallait simplement apprendre à bien utiliser certains outils. Jusqu’au jour où je la surprenais en train de visionner des personnes ayant eu recours à la chirurgie esthétique. Elle avait dans l’idée de rechercher le plus d’éléments, me disait-elle, pour un exposé.

Après quelques jours, je lui demandais où en était son exposé. Elle me disait avoir vu sur YouTube, des vidéos qui lui avaient donné l’envie d’aller faire des recherches, directement dans des centres d’esthétique. Elle avait fini par trouver un centre, qui avait accepté de la laisser faire son enquête sur la manière dont on utilisait le botox Montréal. Elle était partie avec son carnet, et j’avais décidé de la suivre pour être sûre qu’il s’agissait bien d’une recherche scolaire, et non d’une petite investigation pour son propre intérêt. Elle avait pris tellement de notes à l’avance après le visionnage de quelques vidéos, qu’elle finissait par répondre assez facilement à chaque fois qu’une esthéticienne présentait un élément. Elle savait d’où venait l’acide botulique, et ne trouvait en cela, rien de dommageable que l’on puisse utiliser une telle substance dans le monde de l’esthétisme. Cela me paraissait tout de même un peu gênant malgré tout.

Je lui demandais de me présenter son exposé lorsqu’elle l’aurait fini. Toute la lecture ne reflétait que le côté positif de l’utilisation du Botox sur le corps humain. Il n’y avait, à aucun niveau, une antithèse pouvant déclarer ou affirmer une prudence ou une méfiance envers ce produit. Quand je finissais de le lire, j’avais l’impression d’avoir lu une grande publicité d’une société qui avait utilisé tous les termes marketing pour la vente de son produit. Il était plus qu’évident, qu’elle mettait en avant qu’il soit tout à fait normal de nos jours de se faire faire des injections de Botox, ou autre produit, pour garder le plus longtemps possible, le galbe de la jeunesse d’un visage, dans le but de rester présentable. Je ressentais au fond de moi, qu’il y avait comme une sorte de soumission à cette dictature imposée aujourd’hui par l’image. Il ne me restait que très peu de temps pour finir par admettre, que j’allais devoir m’y soumettre moi aussi.