Le bracelet en or - Lucia Taylor

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Le bracelet en or

Le bracelet en or - Lucia Taylor

J’avais eu quelques amis chez moi, et la soirée avait tardé. Mes derniers invités étaient repartis vers quatre heures du matin, et je n’avais pas eu le courage de ranger. Quelle mauvaise idée ! Je n’avais pas encore bu mon café que je me mettais à vider les verres qui traînaient un peu partout. J’avais mis du Mozart, cela me calme, et j’ai de l’entrain quand j’entends sa musique. J’étais surprise de tout le désordre qu’une dizaine d’invités avaient pu mettre. En tentant de me remémorer toutes les phases de la fête, je me souvins de l’arrivée inopinée d’une bande d’amis, ce qui avait ajouté cinq personnes à la dizaine déjà présente. D’autres personnes étaient parties et d’autres étaient arrivées… Je me perdais dans les comptes. Finalement, j’estimais à une vingtaine de convives, au minimum, qui étaient venus chez moi, hier soir.

Cela me rappela une autre soirée. Nous avions organisé une manifestation culturelle, et tout avait été planifié de la meilleure façon qui soit. Ce qui n’avait pas été mon cas. Je retrouvais des cartes de visite, un rouge à lèvres, plusieurs briquets et deux chandails. Sous le canapé, un bracelet en or fut le trésor que je découvris quand je me mis à passer l’aspirateur. Je ne connaissais pas l’identité de celle qui l’avait perdu, mais je me doutais qu’il manquait certainement à une jeune femme qui était passée chez moi. Une fois de plus, je tentais de me souvenir de celles que j’avais vues. Estelle n’avait pas ce genre de bijoux. Melinda portait une magnifique montre, je lui avais même demandé si c’était un présent de son nouveau compagnon. Lucie, qui allait dans le même centre que moi pour ses injections au Botox, était avec une robe sans manches, et elle n’avait ni boucles d’oreille, ni collier. Ce n’était certainement pas elle.

Je regardais, dans un éclair de génie, les clichés que j’avais pris avec mon téléphone portable de la soirée. À un moment, je vis un visage, tout au fond d’une photographie. J’agrandis pour voir si je reconnaissais les traits de celle qui apparaissait dessus. J’avais trouvé ! Je voyais son bras tendu avec un verre et un bracelet fin, nettement visible, pendait à son poignet. Le visage était un peu flou, mais je devinais, à voir avec qui elle parlait, l’identité de la femme. Naomi était venue très brièvement ; arrivée vers onze heures du soir, elle était repartie à minuit.