L’affiche - Lucia Taylor

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L’affiche

L’affiche - Lucia Taylor

Un magasin de porte fenetre, a décidé de montrer son encouragement face aux autochtones du Canada.  La raison est simple : depuis la grève de la faim de la part de Chief Theresa Spence, de la tribu Attawapiskat, plusieurs Canadiens se sont rendus compte à quel point le gouvernement fédéral a ignoré les besoins fondamentaux de cette population.  Entre autres choses, plusieurs réserves indiennes n’ont pas même d’eau courante, ni d’électricité.  Les écoles ont un standard d’éducation médiocre, et celui-ci n’est pas du tout adapté à leur style de vie.  Les autochtones du Canada, et sûrement plusieurs autres ailleurs dans le monde, ne suivent pas le même rythme de vie que les sociétés développées et préfèrent un mode de vie moins exigeante et moins stressante.  Ils habitent plus près de la nature et préfèrent adapter leur horaire à celle de la Mère Terre.

Malgré que la grève de la faim de Chief Spence ait attiré l’attention de la population canadienne en général, elle a réussi à faire avancer la cause des autochtones que d’un seul pas : celui de convaincre le Premier ministre à cette époque, Stephen Harper, d’accepter de rencontrer d’autres chefs de tribu pour discuter des problèmes sérieux que les aborigènes vivent en ce moment.  Leurs pactes avec le gouvernement sont en danger, le taux de suicide et de délinquance est à la hausse, ils n’ont pas d’eau potable à boire et les réserves rétrécissent à vue d’œil.  Tout ceci, en plus du fait que les grandes compagnies pétrolières cherchent à prendre possession d’une partie des territoires leur appartenant pour bâtir des oléoducs qui traverseraient le pays.  Et tout ceci se passe dans un pays qui se dit être en tête de ligne quand il s’agit de respecter les droits humains.  Pour moi, c’est une vraie honte.

Alors, en voyant cette affiche dans la vitrine du petit magasin, j’ai décidé que j’allais ajouter ma voix à la leur.  Je ne suis qu’un quart autochtone – ma grand-mère, qui est décédée, était Abénakis – mais ça ne fait rien.  Sa vie a été difficile et mon père n’a jamais voulu parler de cette partie de son héritage culturel.  Vu que les jeunes à l’école taquinaient et parfois se moquaient de ceux qui étaient en partie ou entièrement amérindiens, mon père a maintenu ce secret et a caché la vérité à tout le monde, y compris moi et mon frère.  C’est triste, car j’aurais aimé en savoir plus à ce sujet.